sujets bac 2009

Posté par Valériemarchand le 16 septembre 2009

Série  L

sujet 1 : Le langage trahit-il la pensée ?

sujet 2 : L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ?

sujet 3 :Expliquez le texte suivant :

Il n’y a pas de satisfaction qui d’elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous ; il faut qu’elle soit la satisfaction d’un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement ne sauraient être qu’une délivrance à l’égard d’une douleur, d’un besoin ; sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l’existence un fardeau. Or c’est une entreprise difficile d’obtenir, de conquérir un bien quelconque ; pas d’objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin ; sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l’objet atteint, qu’a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s’être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d’être revenu à l’état où l’on se trouvait avant l’apparition de ce désir. Le fait immédiat pour nous, c’est le besoin tout seul c’est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu’indirectement ; il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passée, qu’elles ont chassées tout d’abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n’en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas ; il nous semble qu’il n’en pouvait être autrement ; et, en effet, tout le bonheur qu’ils nous donnent, c’est d’écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre pour en sentir le prix ; le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s’offre à nous.

Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

Série ES

sujet 1 Que gagne-t-on à échanger ?

sujet 2 Le développement technique transforme-t-il les hommes ?

sujet 3 : Expliquez le texte suivant :


Quant à savoir s’il existe le moindre principe moral qui fasse l’accord de
tous, j’en appelle à toute personne un tant soit peu versée dans l’histoire de
l’humanité, qui ait jeté un regard plus loin que le bout de son nez. Où
trouve-t-on cette vérité pratique universellement acceptée sans doute ni
problème aucun, comme devrait l’être une vérité innée ? La justice et le
respect des contrats semblent faire l’accord du plus grand nombre ; c’est un
principe qui, pense-t-on, pénètre jusque dans les repaires de brigands, et
dans les bandes des plus grands malfaiteurs ; et ceux qui sont allés le plus
loin dans l’abandon de leur humanité respectent la fidélité et la justice entre
eux. Je reconnais que les hors-la-loi eux-mêmes les respectent entre eux ;
mais ces règles ne sont pas respectées comme des lois de nature innées :
elles sont appliquées comme des règles utiles dans leur communauté ; et
on ne peut concevoir que celui qui agit correctement avec ses complices
mais pille et assassine en même temps le premier honnête homme venu,
embrasse la justice comme un principe pratique. La justice et la vérité sont
les liens élémentaires de toute société : même les hors-la-loi et les voleurs,
qui ont par ailleurs rompu avec le monde, doivent donc garder entre eux la
fidélité et les règles de l’équité, sans quoi ils ne pourraient rester ensemble.
Mais qui soutiendrait que ceux qui vivent de fraude et de rapine ont des
principes innés de vérité et de justice, qu’ils acceptent et reconnaissent ?
John LOCKE, Essai sur l’entendement humain
 

 

Série S

sujet 1 : Est-il absurde de désirer l’impossible ?

sujet 2 : Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?

Expliquer :

Les affaires générales d’un pays n’occupent que les principaux citoyens.
Ceux-là ne se rassemblent que de loin en loin dans les mêmes lieux ; et,
comme il arrive souvent qu’ensuite ils se perdent de vue, il ne s’établit pas
entre eux de liens durables. Mais quand il s’agit de faire régler les affaires
particulières d’un canton par les hommes qui l’habitent, les mêmes individus
sont toujours en contact, et ils sont en quelque sorte forcés de se connaître et
de se complaire.
On tire difficilement un homme de lui-même pour l’intéresser à la
destinée de tout l’État, parce qu’il comprend mal l’influence que la destinée de
l’État peut exercer sur son sort. Mais faut-il faire passer un chemin au bout de
son domaine, il verra d’un premier coup d’oeil qu’il se rencontre un rapport
entre cette petite affaire publique et ses plus grandes affaires privées, et il
découvrira, sans qu’on le lui montre, le lien étroit qui unit ici l’intérêt particulier
à l’intérêt général.
C’est donc en chargeant les citoyens de l’administration des petites
affaires, bien plus qu’en leur livrant le gouvernement des grandes, qu’on les
intéresse au bien public et qu’on leur fait voir le besoin qu’ils ont sans cesse
les uns des autres pour le produire.
On peut, par une action d’éclat, captiver tout à coup la faveur d’un
peuple ; mais, pour gagner l’amour et le respect de la population qui vous
entoure, il faut une longue succession de petits services rendus, de bons
offices obscurs, une habitude constante de bienveillance et une réputation
bien établie de désintéressement.
Les libertés locales, qui font qu’un grand nombre de citoyens mettent du
prix à l’affection de leurs voisins et de leurs proches, ramènent donc sans
cesse les hommes les uns vers les autres, en dépit des instincts qui les
séparent, et les forcent à s’entraider.
TOCQUEVILLE, De la démocratie en Amérique

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