l’explication de texte

Posté par Valériemarchand le 2 septembre 2008

Méthode – L’explication de texte

TRAVAIL PREPARATOIRE

Il faut d’abord s’attacher à lire le texte attentivement en prêtant attention aux mots de liaison (mais, pourtant, néanmoins, toutefois…) afin de repérer sa construction et les différentes étapes de l’argumentation de l’auteur (les parties…). N’hésitez pas à souligner les mots et les expressions essentielles. Soyez attentifs à la syntaxe, repérez la fonction des mots dans les phrases .

 Ne vous précipitez pas, car souvent on croit comprendre alors qu’en réalité il n’en est rien. Méfiez-vous des textes en apparence simples car en réalité ils contiennent souvent des pièges redoutables générateurs de contresens.

Enfin, repérez les exemples contenus dans le texte afin de les expliquer soigneusement par la suite. Le sens philosophique de la démarche de l’auteur ne peut souvent être saisie qu’à travers eux.

L’INTRODUCTION

L’introduction de votre explication doit de préférence être constituée des quatre étapes suivantes, dans l’ordre. Cette démarche a l’immense mérite d’obliger à aller à l’essentiel, en occultant toutes les généralités, qui alourdissent le propos, sans servir l’élucidation du texte. Dans cette optique, il est inutile de s’étendre sur l’auteur en racontant sa vie en trois lignes…

Thème

La première étape consiste à identifier le thème dont il est question, non seulement sous sa forme générale (thème du désir, du langage, etc.), mais, bien évidemment, sous un angle précis, par exemple, le droit du citoyen à l’opposition, dans tel texte de philosophie politique de Rousseau (Du contrat social, liv. IV, 2). En bref, il s’agit de comprendre de quoi parlent exactement l’auteur ou le philosophe. En ce domaine, les généralités sont à exclure et il importe de se pencher sur le texte dans sa configuration précise pour bien circonscrire le thème. Mais ce dernier ne se confond nullement avec la thèse, c’est-à-dire ce que le penseur veut démontrer dans l’extrait.

Problématique

La détermination du problème représente l’élément décisif de la démarche à l’oeuvre dans l’explication. Le problème désigne la difficulté centrale soulevée par un texte. Ce problème doit être dégagé car il n’est pas décelable immédiatement : de même que le problème ne se confond pas, dans une dissertation, avec la question posée, de même, dans le commentaire de texte, il s’agit de faire apparaître la question fondamentale que le philosophe a implicitement posée.

Thèse

Il ne s’agit pas ici de mettre en avant la doctrine générale de l’auteur, comme si, par exemple, tout texte de Descartes renvoyait nécessairement au cogito. Il s’agit, au contraire, de déterminer la position du philosophe dans ce texte, ce qu’il a voulu démontrer dans un contexte précis, et qui prend sens généralement à travers l’idée générale et directrice, c’est-à-dire le contenu philosophique fondamental du texte.

Plan du texte

L’introduction se clôt par l’énoncé du plan du texte, qui consiste dans la mise à jour du nombre de parties qu’il contient et du contenu (à la fois précis, mais bref) de chacune d’elles.

L’EXPLICATION DU TEXTE

Organiser

Expliciter la démarche organique du texte, découvrir son articulation, son organisation interne, notion absolument centrale, tel est l’objectif. Il ne s’agit pas de morceler le texte, de le diviser, et de comprendre la structure au moyen d’éléments disséqués sans aucun rapport les uns avec les autres. Ce qui importe, c’est d’expliciter un enchaînement et un mouvement, de mettre au jour une liaison véritable.

Il faut construire des liaisons et obéir à une organisation rigoureuse ; de même l’explication de texte vise à rendre manifeste l’enchaînement, les uns dans les autres, des éléments de réflexion. La mise en évidence d’une construction et d’un itinéraire, voilà ce qu’il faut rechercher. Pour cela, il faut suivre l’ordre du texte, et construire les différentes parties du développement en fonction des parties du texte (sauter une ligne entre chacune d’elles !)

Une explicitation des concepts fondamentaux

Mettre au jour la démarche organique du texte, c’est d’abord définir les concepts fondamentaux présidant à cette organisation. La finalité de l’explication de texte philosophique est donc dépourvue d’ambiguïté : il s’agit de dégager et d’expliciter les concepts fondamentaux du texte, commandant son mouvement et son organisation. Il faut dégager des concepts de base possédant une signification particulière et détenant une fonction précise dans le texte. Bien évidemment, il ne suffit pas d’affirmer ce rôle majeur de tel ou tel concept, mais de souligner l’enchaînement de tel concept avec tel autre. Expliquer consiste à dégager l’articulation des concepts ou idées les uns par rapport aux autres.

Un effort critique

L’explication n’est vraiment réussie que quand elle produit en même temps un effort critique. Mais il faut bien s’entendre sur le sens du mot « critique » : en effet, tout grand texte philosophique pose un problème fondamental. Que peut donc signifier une critique ? La critique d’un texte ne saurait être réfutation, comme trop d’élèves le croient; la « réfutation » désignant, à proprement parler, l’action par laquelle on repousse un raisonnement, une argumentation en prouvant leur fausseté. Ce procédé est difficilement compatible avec la reconnaissance de la richesse effective d’un grand texte, comme c’est toujours le cas des textes qui sont proposés au baccalauréat.

Critiquer, ce n’est pas détruire, mais comprendre. Détruire, c’est en rester à la lettre du texte, à son apparence première, alors que comprendre, c’est aller à l’esprit et au contenu vrai. La destruction est dogmatique, la vraie critique philosophique, compréhension de la problématique interne et évaluation mesurée de l’intérêt de la réponse apportée.

Pièges à éviter

Voici quelques conseils qui permettent, s’ils sont strictement appliqués, d’éviter les fautes les plus récurentes dans ce type d’exercice.

A) Ne s’occuper que d’une partie du texte

Première maladresse : procéder en s’occupant seulement d’un passage du texte, ainsi privilégié, sur lequel portera toute l’attention. Expliquer un texte, c’est en déterminer le sens global. Par conséquent, l’approche d’un seul élément ne convient pas. L’étude analytique ou partielle est proscrite dans le domaine du sujet-texte philosophique. Le travail du candidat doit porter sur le texte tout entier.

B) Oublier le texte et faire une dissertation

Ne mettez pas non plus le texte entre parenthèses, comme s’il représentait quelque chose de tout à fait accessoire et accidentel ! Un certain nombre de candidats procèdent ainsi, aussi étrange que cela puisse paraître… Ils oublient le texte et font autre chose, par exemple une dissertation : cette méthode est défectueuse. C’est le texte qui prime et vous n’avez pas à rédiger une dissertation à proprement parler. La référence au texte est donc primordiale.

C) Considérer les exemples contenus dans le texte comme secondaires

Il faut toujours accorder une place privilégiée aux exemples contenus dans un texte dans la mesure où c’est souvent en eux que réside la clé d’une bonne interprétation.

D) La paraphrase

Attention ! La paraphrase est à éviter absolument! Ce piège vous menace constamment. La paraphrase est une sorte de caricature de l’étude ordonnée et conceptuelle. Alors qu’il s’agit d’expliciter les concepts, de souligner leur organisation interne, leur articulation, leur signification réelle et dynamique dans la logique du raisonnement, la paraphrase, se contente d’opérer des développements verbeux et diffus, de répéter les mêmes termes interminablement sans en dégager le sens. La paraphrase est passive. L’explication est active et dynamique. A la stérilité de la paraphrase s’oppose donc la création intelligente du commentaire explicatif.

LA CONCLUSION

La conclusion a pour but, comme dans la dissertation, de faire un bref bilan, en indiquant l’intérêt de la démonstration du penseur. Elle clôt le débat avec précision et netteté et possède donc une fonction rhétorique et pédagogique dont il ne faut pas sous-estimer l’importance.

 Source :  http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/articles.php?lng=fr&pg=35

 

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la méthode de la dissertation

Posté par Valériemarchand le 31 août 2008

 

La méthode de la dissertation

La dissertation relève d’un savoir-faire c’est à dire d’une technique. Il est impossible, dans ces conditions, de donner des principes qui vous permettront à coup sûr de réussir .  On apprend à faire des dissertations… en en faisant. C’est la raison pour laquelle nous allons ensemble examiner un sujet .

L’analyse du sujet :

Soit donc le sujet : la tolérance est-elle une vertu? Certains ont sans doute déjà envie de répondre par oui ou par non…Mais comment répondre  à une question sans savoir précisément ce qui nous est demandé ?  Avant de répondre à une question, il faut l’interroger car elle n’est jamais simple. Ainsi, pour notre sujet : qu’est-ce que signifie tolérer ? N’y a-t-il pas plusieurs sens à cette expression ? Qu’estce qu’une vertu? . C’est pour cela qu’il faut respecter scrupuleusement les étapes suivantes :

  • Repérer d’abord, en les soulignant, les mots et expressions clef et entourer les mots qui donnent sens à la question.
  • Définir très précisément les mots et expressions soulignés.

Quels sont les sens de la tolérance ?

En un sens positif, la tolérance est une disposition bienveillante, qui admet chez autrui des manières de penser et d’agir différentes des miennes et qui est à l’origine de l’échange culturel, de la reconnaissance d’un droit à la différence.

Mais tolérer, peut signifier aussi admettre à la rigueur quelque chose que j’accepterai sans plaisir, qui n’entrera pas dans mes pratiques ni dans ma vie

Tolérer, ce n’est donc pas s’intéresser à l’autre, ce n’est pas vraiment chercher à le comprendre: je tolère ta présence ne signifie pas que je te respecte.

On peut tolérer par faiblesse, par lâcheté., par laxisme , avec condescendance ….

La vertu : cette notion connote celle de force et de force et de qualité morale. Pour les Grecs l’homme vertueux, c’est celui qui accomplit son humanité

  • A ce moment de l’analyse, on peut rechercher la réponse spontanée à la question posée. Quelle est la réponse la plus évidente que je peux donner à cette question que je commence  à saisir un peu mieux ? Il semble évident que la réponse est affirmative. Comment la tolérance ne serait-elle pas une vertu? Mais justement, les réponses spontanées sont rarement les bonnes et c’est du reste pour cela qu’il importe de les repérer.
  • Repérer les présupposés éventuels de la question. Ils sont importants pour éviter le hors sujet mais n’existent pas toujours. Ici, on présuppose que la tolérance est une vertu, mais qu’elle peut peut-être ne pas l’être, parce qu’il serait possible de ne pas être vertueusement tolérant.
  • Repérer les notions du programme concernées. Ici le sujet concerne la question de la morale, de la culture et d’autrui. Difficile de faire cela en début d’année, mais cela va changer!!.
  • Enfin, reformuler la question, de préférence et quand cela est possible sous la forme d’une alternative (ou bien …ou bien) qui met bien en évidence les deux thèses fondamentales et opposées auxquelles ouvre la question. Ici, les deux thèses sont les suivantes :
    • Ou la tolérance est bel et bien toujours une vertu
    • Ou, au contraire, elle peut parfois être un vice quand on tolère tout et n’importe quoi n’importe comment, quand on tolère sans respecter, quand on tolère par lâcheté, faiblesse ou indifférence..

    On pourra donc reformuler la question de la façon suivante : S’il apparaît à première vue que la tolérance est une qualité qu’il faut cultiver et développer, la tolérance est-elle toujours une vertu ou bien n’est-elle pas au contraire sous certains aspects un vice? Cette question en appelle d’autres ? A quelles conditions la tolérance est-t-elle vertueuse? Et lorsque la tolérance apparaît comme  une vertu, ne faudrait-il pas , en toute rigueur lui donner le nom de respect?

  • Attention: reformuler ne signifie pas qu’on substitue une autre question à celle qui est proposée, mais qu’on l’explicite de manière à mettre en évidence un problème.

Cette analyse de la question, maintenant terminée, nous a pris du temps et nous n’avons pas encore traité le moins du monde le sujet.

Mais grâce à cette analyse, nous avons dégagé le problème posé par le sujet , et avons montré qu’il y a pertinence à poser la question car il ne va pas de soi que la tolérance soit toujours une vertu.

Rechercher les idées et faire un plan

La recherche des idées se fait au brouillon :  notez soigneusement au brouillon toutes les idées que le sujet vous évoque. Pensez également aux références que vous pourrez utiliser, car si la philosophie consiste à penser par soi-même, les correcteurs apprécieront vos éventuelles connaissances philosophiques . Les cours dispensés l’année sont faits pour!!!
Une fois vos idées trouvées, il faudra les mettre en ordre et constituer un plan. À vous de voir ce qu’il est logique d’aborder en premier. Rappelez-vous que la thèse que l’on défend est toujours la dernière abordée dans le devoir et qu’il faut d’abord commencer par celle que l’on va réfuter, que les parties doivent être équilibrées c’est à dire être d’à peu près même longueur.

La dissertation idéale suit un plan en trois parties , mais il est acceptable de n’en faire que deux si et seulement si certaines conditions sont respectées.

Ne pas faire de partie du tout, cela signifierait que votre dissertation n’a pas de plan et n’est donc pas une dissertation.

Le plan minimal

consiste dans l’examen de deux thèses opposées.

On ne peut pas se contenter d’exposer une thèse sans envisager les arguments adverses, sans envisager qu’elle soit fausse, sans la mettre en doute. Mais le danger d’un plan en deux parties, c’est de procéder par simple juxtaposition de deux opinions. Alors, le devoir est la succession de deux opinions contraires et incompatibles. Un tel développement ne permettra pas de parvenir à une conclusion satisfaisante. Schématiquement, la juxtaposition de deux thèses donne ceci : 1) oui ; 2) non ; conclusion : plusieurs options : a) la conclusion contradictoire, impossible, absurde, du type oui et non, la thèse est vraie mais elle est fausse ; b) la conclusion de type normand.
Pour éviter une telle situation, deux solutions. Soit on tranche en faveur de l’une des thèses. On exposera alors celle que l’on a l’intention de retenir en dernier. On conclut sur la dernière partie. Il faut, pour que l’on soit autorisé à trancher, que les arguments en faveur de la seconde thèse, soient plus convaincants que les premiers, que les premiers aient été réfutés. Soit on distingue deux niveaux d’analyse dans le sujet. Les deux parties ne sont pas alors simplement le contraire l’une de l’autre, mais on répond à deux niveaux différents. La conclusion sera du type : en un sens oui, mais en un second sens, non. Ce qu’il faut éviter, comme une faute majeure, c’est la contradiction. Il faut examiner l’antithèse, mais ne pas se contredire. Si l’on dit une chose, puis son contraire dans une seconde partie, on se contredit. Il faut soit montrer que, après examen, le contraire a plus de chances d’être vrai, et pourquoi; soit développer deux thèses opposées qui ne soient cependant pas incompatibles, c’est-à-dire qui puissent être vraies en même temps. Exemples:

soit le sujet : La passion est-elle une excuse?
1° Oui, elle en est une: elle est plus forte que moi, le passionné donc n’est pas responsable de ses actes. 2° Non, elle n’en est pas une, car l’homme est libre donc responsable. Conclusion : la passion est une excuse, mais elle n’en est pas une. Comprenne qui pourra…

en revanche, on pourrait faire le plan suivant
: 1° Oui, elle semble en être une, car elle est plus forte que moi. 2° En réalité, elle n’est plutôt qu’une circonstance atténuante. J’ai le pouvoir, grâce à ma volonté, de lui résister. Donc elle m’influence sans me déterminer. 

Concernant notre sujet, il faut éviter de dire en 1 que  la tolérance est une vertu, puis en  2 que la tolérance est tout sauf une vertu. Car on débouche sur une contradiction en conclusion : la tolérance est une vertu mais elle n’en est pas une!!!

Mais le plan suivant serait acceptable

1 Loin d’être une vertu, la tolérance se présente parfois comme un vice

2 A quelles conditions la tolérance est-elle une vertu?

Dans la conclusion, vous préciserez que la tolérance n’est une vertu que lorsqu’elle usurpe le nom de respect.

 La construction dialectique, c’est-à-dire 3 parties

devra être préférée chaque fois que c’est possible. Montrer qu’à un premier niveau d’analyse, une contradiction apparaît. On dépasse l’opposition dans une troisième partie, en approfondissant l’analyse du sujet, en montrant qu’une analyse insuffisante a fait surgir un faux problème. Les deux premières parties ont pour but de poser un problème, sous forme d’une opposition. La troisième est la solution. Elle ne doit pas être une conclusion normande développée, où l’on explique que la vérité se trouve probablement dans un juste milieu. Elle n’est pas une reprise des deux premières, mais l’expression d’une thèse nouvelle.
Ex. 1 : La passion est-elle une excuse?
1° La passion, plus forte que moi, m’entraîne à des actes dont je ne suis pas responsable. 2° Affirmation de la liberté humaine. Je suis capable, par ma volonté, de résister à la passion. 3° Il faut résoudre cette contradiction entre deux points de vue antinomiques. La passion ne me détermine pas, cependant la difficulté de lui résister indique qu’elle m’influence. Conclusion : la passion m’influence sans me déterminer. Elle n’est pas une excuse, mais une circonstance atténuante.

Une autre solution pour inventer la troisième partie, c’est de mettre en question le présupposé.
Exemple: Faut-il préférer le bonheur à la vérité?
1) Arguments en faveur du choix du bonheur; 2) arguments des partisans de la vérité; 3)après tout, faut-il vraiment choisir? Ne peut-on pas avoir les deux?

Pour notre sujet

1 la tolérance est parfois plus la marque d’une faiblesse d’esprit et d’âme que celle d’une force morale : analyse des causes, dans les faits de la tolérance

2 A quelles conditions peut-on alors être vertueusement tolérant: quelles sont les raisons qui font que nous devons être tolérants et qui font de l’esprit de tolérance une vertu?

3 Mais en faisant de la tolérance , à certaines conditions, une vertu, ne la confond-on pas avec le respect? 

Rédiger sa dissertation

Comme chacun sait, une dissertation comporte une introduction, un développement, une conclusion.
1) L’introduction
Parce qu’elle se situe au début et provoque la première impression qu’on aura sur la copie, il importe de la rédiger avec soin et donc de faire un brouillon. Sa fonction est double. Elle doit montrer que la question posée est un vrai problème, c’est à dire qu’on ne peut y répondre d’emblée. Elle doit aussi indiquer comment vous allez aborder l’étude de ce problème et c’est pourquoi on ne la rédigera qu’après avoir élaboré le plan.
Une bonne introduction comporte cinq points :

  • Partir d’une considération générale mais en évitant les phrases passe-partout du genre « le plus grand problème que l’humanité s’est posé jusqu’à nos jours » ou « De tous temps les hommes… ». Il faut partir de la notion principale concernée par le sujet.
  • Amener le sujet par une phrase. Il faut faire en sorte qu’une contradiction surgisse.
  • Poser le problème sous forme questions en utilisant la reformulation qui a été trouvée lors de l’analyse du sujet . Ces questions annoncent votre plan : bien utiliser les connecteurs pour faire comprendre que vous annoncez la thése, puis l’antithèse, puis l’approfondissement.
  • Enfin annoncer votre plan, de préférence sous la forme interrogative. Le plan doit découler logiquement de la formulation du problème .

2) Le développement.
Il sera directement rédigé sur la copie pour ne pas perdre de temps (seul le plan est noté au brouillon). Chaque partie doit comporter une petite introduction d’une ou deux phrases où l’on annonce ce qu’on va démontrer ou ce dont on va débattre .
On veillera aussi aux transitions qui se situent soit à la fin de la partie qui s’achève, soit au début de la partie qui commence . Vous y prêterez la plus grande attention car c’est un point délicat et il n’est pas facile de faire de bonnes transitions. La transition doit indiquer au lecteur comment on passe d’une idée à l’autre et quel est le lien logique entre vos deux idées (conséquence, opposition, nuance etc.). Elle met en lumière l’ordre de vos idées.

C’est de la qualité du lien entre les parties que dépend la cohérence du devoir. La transition est la charnière logique qui assure le lien entre les parties. Il faut la soigner.  Elle remplit un double rôle. Elle sert à faire le bilan sur ce qui précède, à faire le point – où en sommes-nous? Elle est donc une conclusion provisoire ou partielle. Elle sert aussi à introduire ce qui suit. Elle comportera donc obligatoirement ces deux moments: rappel de la question et bilan de l’argumentation ; relancer la discussion, par exemple grâce à des formules interrogatives. Elle pose et résout la question: qu’est-ce que j’ai démontré? Est-ce satisfaisant? La première partie n’est précédée par aucune autre, il faut cependant l’introduire brièvement, de façon à annoncer l’idée générale qui va être développée. On doit savoir quelle est votre intention.
A l’intérieur de vos paragraphes, quelques règles doivent être respectées :

  • Ne jamais avancer une idée sans la démontrer, sans argumenter. La dissertation est avant tout un exercice de démonstration.
  • L’utilisation des exemples est recommandée (car l’exemple éclaire votre pensée) mais l’exemple n’est jamais une preuve. Ce n’est pas parce que ce que vous dites est vrai dans un cas qu’il est vrai dans tous les cas. Inutile par conséquent de multiplier les exemples, un seul par idée suffit !
  • Les citations ne sont pas des preuves. Il n’y a pas de principe d’autorité en philosophie. Les citations doivent être courtes, non banales (évitez les proverbes) et le nom de l’auteur doit toujours être précisé. Une citation doit toujours être expliquée : vous devez montrer que vous l’avez comprise.
  • Les références doivent être précises. Qu’elles soient artistiques, littéraires, cinématographiques etc., il importe d’éviter le vague. Si vous parlez d’un roman, par exemple, indiquez le titre et l’auteur.
  • Utilisez toutes vos connaissances, philosophiques ou non philosophiques.
  • Si vous utilisez les auteurs, ne les juxtaposez pas de façon arbitraire. La philosophie n’est pas un catalogue de doctrines. Vous ne pourrez aborder un second auteur qu’après avoir montré les limites de la thèse du premier. Les auteurs sont avant tout là pour illustrer « votre » pensée: le catalogue d’auteurs ou de doctrines est à proscrire! 
  • N’oubliez pas  que le style de la dissertation philosophique est celui de la démonstration, ce qui exclut le lyrisme et les considérations affectives et moralisantes. Evitez, en particulier, de dire « je pense que », ou, pire encore « je crois que ».
  •  Soignez l’écriture et la présentation. Aérez votre copie, relisez-vous ! Corrigez les fautes d’orthographe!

3) La conclusion.
Comme l’introduction, elle sera particulièrement soignée
Elle doit être concise et ne constitue nullement une partie supplémentaire de votre devoir. Il n’est pas question d’y développer une idée concernant le sujet et n’ayant pas trouvé sa place dans le développement. Il ne faut pas non plus répéter en détail tout ce qu’on a déjà dit. Une conclusion comporte deux éléments :

  • Faire un bilan des acquis et répondre à la question posée en introduction.
  • Ne pas chercher à tout prix à faire une ouverture! Vous risqueriez de poser précisément la question qu’il vous aurait fallu traiter, ce qui ne fera qu’agacer encore plus le correcteur……

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